mercredi 20 août 2014

Wish I was here... Ou "le Rôle de ma vie"

La semaine dernière, je me suis octroyée une petite pause ciné en solo. En 2004, j'avais adoré le film Garden State, le premier film de Zach Braff. Il y interprétait un acteur de 25 ans sous Prozac qui, faute de rôles, en était réduit à travailler comme serveur dans un restaurant tendance de LA. Un jour, sa maman meurt, et le voilà forcé de rentrer au bercail et de stopper net sa fuite en avant.
Il y était question de l'échec, de l'incidence des choix de nos parents sur notre vie d'adulte et de la dépression. Et bien sûr, de l'amour. Petit bonus, la présence de Jim Parson (AKA Sheldon, mon idole) bien avant le big hit de The Big Bang Theory (mon plaisir coupable du dimanche matin).





Zach Braff est de retour avec à peu près les même thèmes, la même fantaisie et une sacrée gueule de bois. Les rôles ont été (un peu) redistribués. Le voici père de famille, marié, deux enfants et pas tout-à-fait affranchi de son père. Son frère vit seul dans un mobile-home, sa maman n'est plus, et son père lui annonce sa maladie. Bref, ce n'est pas la joie.


A partir de cette situation peu réjouissante, il se retrouve contraint de faire le point sur sa carrière, sur son mariage, sur l'éducation de ses enfants, sur ses relations avec son frère et sur sa vie spirituelle. Ce dernier point donne d'ailleurs lieu à une réflexion intelligente sur la religion et ses possibles dérives, notamment avec les enfants. (Évidemment, avec les développements récents du conflit israélo-palestinien, cela donne un relief d'autant plus intéressant au propos de Braff). 

Alors d'accord, certaines scènes sont proches du feel-good movie où tout le monde finit par se dire qu'ils s'aiment et que les crasses qu'ils ont pu se faire par le passé ne comptent pas. Mouais. Il me semble que c'est parfois un peu plus compliqué.

Néanmoins, Braff touchent souvent juste et semble enfin s'assumer, comme le montre cette scène de connivence avec Jim Parson, lors d'une audition pour une série de SF. Les deux rivaux échangent sur leur amour de Star Trek comme deux geeks (et je n'emploie pas ce terme de manière péjorative, soyons clairs) fiers de leur érudition pour un genre incroyablement riche mais dévoyé par des productions minables. Au-delà de la référence évidente au personnage de Sheldon dans The Big Bang Theory, cette scène répond à celle de Garden State où Braff et Peter Sarsgaard se moquent de Parson parce qu'il parle Klingon.

Il est également question de la difficulté d'être parent, et du fait qu'on grandit avec ses enfants autant qu'on les éduque (mention spéciale au cours de math dispensé par la petite Joey King) et du fait que parfois, on ne fait pas ce qu'il faut par déni ou manque de courage. (Comme fermer les yeux sur le choix de l'école huppée mais ultra religieuse que les grand-parents ont choisie parce que c'est eux qui la paient).

Enfin, on sent dans ce film un réel respect pour les femmes. Il s'en dégage une révolte face aux responsabilités fortes portées par la gente féminines quand les hommes n'ont souvent que la poursuite de leur accomplissement à assouvir (scène de couple douloureuse entre Kate Hudson et son mari, qui réalise qu'elle ne vit littéralement que pour nourrir sa famille). Ce constat est encore plus douloureux face à cette petite fille enfermée dans le carcan de la religion et qui refuse de se baigner.

Bref, Le Rôle de ma vie n'est pas la bombe poétique et émotionnelle que fut Garden State, mais il s'inscrit comme une suite non-officielle logique et efficace. J'y vois personnellement une certaine honnêteté intellectuelle qui me convient.

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